samedi 10 octobre 2009

Troisième analyse réflexive

« Durant ma première semaine de stage, mon enseignante associée m’a amenée à prendre en charge pour la première fois les groupes de lecture. Au cours des trois périodes hebdomadaires qui sont consacrées à cette activité pédagogique, les élèves des trois classes de deuxième année se mélangent. Ceux qui ont plus de difficulté se retrouvent avec l’enseignante du groupe 122, les plus forts travaillent avec l’enseignante du groupe 121 et ceux qui sont dans la moyenne demeurent avec mon enseignante associée. Cela signifie donc que la première fois que j’ai pris une telle période en charge, je ne connaissais ni son déroulement, ni les élèves. Donc, quand les enfants des deux autres classes sont arrivés dans la mienne, je les ai laissés s’asseoir et j’ai commencé à leur faire lire le texte en grand groupe. Le groupe était plus agité que lorsque je travaillais avec mes élèves habituels et j’intervenais difficilement, car je ne connaissais pas les prénoms des élèves.
[…]
Quelques facteurs ont pu faire en sorte que cette période ne se déroule pas aussi bien que mes prises en charge précédentes. Tout d’abord, l’emplacement des élèves dans la classe a pu nuire à la concentration de certains qui étaient assis entre amis, alors qu’habituellement, dans un groupe classe, les enseignants distinguent rapidement ceux qui ne doivent pas être assis côtes à côtes pour être attentifs aux explications. Ensuite, étant donné que la plupart de ces élèves n’avaient jamais travaillé avec moi, ils se demandaient probablement ce que j’allais laisser passer et ce que je n’accepterais pas. Finalement, [­...] quand j’ai vu que ça ne se déroulait pas comme d’habitude, j’ai en quelque sorte figé et j’ai eu de la difficulté à intervenir pour ramener le groupe. De plus, même lorsque les élèves chuchotaient, j’avais tendance à continuer de parler malgré tout. Cela a selon moi nui à la crédibilité de mes consignes, car je n’attendais pas qu’elles soient respectées pour continuer.
[…]
Au cours de mes autres prises en charge, […] j’ai remarqué que le fait d’énoncer notre consigne et d’attendre qu’elle soit respectée avant de reprendre notre leçon a un très grand pouvoir sur les enfants. Pour arriver à obtenir ce que l’on veut, il faut donc avoir des consignes claires et faire connaître nos limites aux enfants le plus rapidement possible pour s’assurer que celles-ci soient comprises et respectées de tous.

Voyant que plusieurs élèves n'étaient pas attentifs durant la lecture du texte et durant mes explications, j’aurais dû attendre que mes consignes voulant que les élèves demeurent en silence soient comprises et appliquées avant de continuer à parler. De cette façon, les élèves auraient constaté qu’elles étaient importantes à mes yeux et qu’ils devaient absolument s’y conformer pour que nous puissions bien travailler ensemble.
[…]
Maintenant que j’ai pris conscience de l’importance de bien insister sur les consignes que l’on donne aux enfants et d’attendre qu’ils les mettent en pratique avant d’aller plus loin, je crois que je suis plus en mesure de leur offrir un meilleur climat dans la classe et de leur faire réaliser des apprentissages. À moyen et long terme, cela s’avère particulièrement important. De plus, pour saisir l’attention du groupe lorsque plusieurs élèves sont dissipés, il est souvent tout aussi efficace, sinon plus, de soi-même se taire pendant quelques secondes pour que les enfants se rendent compte de ce que l’on attend d’eux plutôt que de commencer à parler très fort pour leur faire entendre notre consigne. Il y en a toujours quelques-uns, même la majorité, qui saisiront pourquoi l’enseignant a arrêté de parler et qui arriveront eux-mêmes à réguler le groupe en demandant à leurs amis de se taire.
[…]»