Affichage des articles dont le libellé est Compétence 12. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Compétence 12. Afficher tous les articles

lundi 14 septembre 2009

Compétence 12

Vendredi 25 septembre 2009
La discrétion vis-à-vis les élèves en difficulté
Énoncé de la compétence 12 : Agir de façon éthique et responsable dans l’exercice de ses fonctions.

Depuis le début de mon baccalauréat, plusieurs professeurs insistent sur l'importance de cette compétence dans notre pratique. Ainsi, avant le début de mon premier stage (au cours duquel seule cette compétence professionnelle pouvait nous faire échouer notre stage, tel que cela est mentionné dans la grille de coévaluation (https://docs.google.com/document/d/1IyAKB4E-NKojRjRlvT4e3sN3BTUYHToL1sYHdWuIMqg/edit) à remplir dans le cadre de ce stage), mon superviseur a également souligné la nécessité d'agir de façon éthique et responsable tout au long de notre stage.
Cependant, j'ai constaté que cette compétence n'est pas toujours considérée à sa juste valeur dans le milieu scolaire. En effet, l'enseignante associée avec qui j'ai réalisé mon premier stage avait sous sa responsabilité deux élèves en difficulté. Lors de mon arrivée, elle m’a tout de suite mise au courant des difficultés spécifiques de chacun et des moyens mis en place dans la classe pour faciliter leurs apprentissages. Pendant mon stage, j'ai eu l'opportunité d’assister à différentes rencontres, formelles ou informelles, au sujet de ces deux enfants. En ce qui concerne les rencontres informelles, j’ai pu observer certaines discussions que l’enseignante a eues avec l’orthopédagogue et avec les parents. Puis, au début avril, j'ai assisté à une rencontre de regroupement. Celle-ci s'est déroulée avec la directrice de l’école, l’orthopédagogue et un représentant du regroupement qui a pour mandat de trouver une place aux élèves en difficulté dans une classe du regroupement pour mieux répondre à leurs besoins spécifiques si les intervenants croient que ce serait mieux pour eux que de les maintenir dans une classe régulière. Cette rencontre a duré une journée complète au cours de laquelle chacun des enseignants s'est joint, à tour de rôle, à ces trois intervenants pour discuter de ses élèves en difficulté.

Après avoir assisté à cette rencontre, j’ai pu remarquer que les enseignants discutaient très ouvertement des cas de leurs élèves sur l’heure du dîner dans le salon du personnel. Les problématiques de chacun ainsi que son placement pour l’année suivante étaient exposés à tous. Je ne me sentais pas très à l’aise dans cette situation, car les informations divulguées ne concernaient pas tous les enseignants. Ce sont des informations confidentielles qui ne devraient pas sortir du bureau où se déroule la réunion du regroupement. Or, celles-ci étaient au cœur des discussions sur l’heure du dîner et après l'école, que ce soit dans le salon du personnel ou dans les classes, entre deux ou trois enseignants seulement. Il importe de mentionner que ces conversations étaient tenues dans des moments où des élèves et des parents pouvaient circuler dans les corridors et donc surprendre ce qui était dit sur certains élèves plus faibles, ce qui est vraiment dommage et ne devrait arriver en aucun cas. Ces informations sont absolument confidentielles et ne concernent qu’un nombre très restreint de personnes qui sont directement impliquées auprès de l’enfant pour favoriser sa réussite scolaire.

Par ailleurs, j'ai aussi remarqué à plusieurs reprises que l'orthopédagogue et les enseignants parlaient parfois des difficultés des élèves dans un cadre de porte dans des moments de battement (lors de l'entrée ou de la sortie des enfants le matin, le midi, le soir ou encore lors des récréations), alors qu'il est possible pour eux d'entendre ce qui est dit. Même s'ils ne peuvent probablement pas comprendre ce dont il est question, ces conversations devraient selon moi être tenues dans des endroits et à des moments plus propices à l'échange d'informations confidentielles, par respect pour les enfants concernés. Il serait primordial de faire preuve d'une plus grande discrétion à l'égard des élèves en difficulté afin qu'ils soient traités de la même façon que leurs camarades, et ce, peu importe les difficultés académiques qu'ils éprouvent.

Ce qui m’a le plus surprise dans cette histoire, ce sont les propos qu'a tenu mon enseignante associée pendant que nous remplissions ma grille de coévaluation. Lorsque que nous avons rempli la page pour évaluer ma douzième compétence, elle m'a mentionné que les enseignants se devraient d’agir de cette façon, mais que c’est rarement le cas dans le milieu scolaire. J’ai été déçue d’apprendre que cette pratique est courante dans les écoles, car cette compétence est celle sur laquelle les professeurs insistent le plus depuis le début de ma formation universitaire. Cela renvoie donc une image négative aux nouveaux enseignants ou aux stagiaires qui arrivent dans le milieu et qui pourraient prendre l'importance de cette compétence à la légère, alors qu'elle est au cœur de leur profession.