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samedi 10 octobre 2009

Première analyse réflexive

« Lors de ma visite dans ma classe de stage, l’enseignante avait planifié une activité de lecture. En grand groupe, les élèves devaient lire un texte et répondre aux questions qui le suivaient. Les enfants lisaient une phrase chacun, à tour de rôle. Pendant la lecture du texte, deux élèves assis au fond de la classe avaient tendance à chuchoter, sans que l’enseignante intervienne pour leur demander le silence. Durant cet exercice, l’enseignante profitait des occasions qui se présentaient pour questionner les élèves sur la signification de certains mots, tels que « luxueusement » et « aube ». À ces moments précis et lorsqu’est venu le temps de compléter le questionnaire, les élèves qui avaient tendance à chuchoter lorsque leurs camarades lisaient voulaient à tout prix répondre aux questions. À certains moments, ils allaient même jusqu’à se lever derrière leur bureau pour se faire remarquer par l’enseignante, qui leur demandait de se rasseoir chaque fois que cela se produisait.
[…]
Suite à cette expérience, plusieurs facteurs sont ressortis à mes yeux comme étant primordiaux dans cette situation. En effet, pour l’enseignante qui a dans sa classe de tels élèves qui cherchent toujours à répondre aux questions, il est normal de vouloir laisser les autres enfants s’exprimer pour vérifier la compréhension de chacun et pour garder l’attention de l’ensemble de la classe. De plus, à long terme, les attitudes de ces élèves peuvent rendre l’enseignante moins patiente à leur égard. Elles peuvent aussi l’amener à croire, parfois à tort, que leur attention est gagnée d’avance à cause de leur volonté d’apprendre et de partager leurs connaissances avec leurs camarades. Comme j’ai pu le remarquer lors des périodes d’écriture, de grammaire et de mathématiques, ces élèves sont toujours ceux qui veulent s’exprimer et qui sont volontaires pour répondre aux questions posées par l’enseignante dès le départ. Donc, considérant ces aspects qui sont identiques dans plusieurs situations différentes, il est compréhensible que l’enseignante veuille intéresser les élèves qui participent moins dans la classe, surtout au début de l’activité. Cependant, pour les deux enfants en question, le fait d’être en quelque sorte ignorés alors qu’ils ont des réponses pertinentes à fournir peut les décourager et détourner leur attention, ce qui est arrivé durant la période de lecture. Si l’enseignante connaissant bien ses élèves avait initialement permis aux deux enfants en question de s’exprimer, alors ceux-ci auraient probablement moins tenté d’attirer son attention pour avoir l’opportunité de s’exprimer, ce qui aurait permis de maintenir un climat plus calme dans la classe, et ils auraient pu démontrer un plus grand intérêt pour l’ensemble de la tâche à accomplir.
[…]
Ayant réalisé mon activité de prise de contact avant d’assister à cette période de lecture, j’ai tout de suite remarqué que les deux élèves en question étaient très motivés à répondre aux questions que je posais à l’ensemble de la classe. Pour cette raison, je les ai impliqués dès le début dans mon activité et j’ai remarqué qu’ils étaient plus attentifs après avoir pris la parole. Donc, le fait d’être sollicité au départ pourrait avoir une influence positive sur leur degré d’attention et d’intérêt tout au long de l’activité. Suite à ces deux activités, je crois qu’il est important d’accorder de l’attention à tous les élèves, même ceux qui sont les plus intéressés, parce qu’ils ont quand même besoin d’être stimulés. Leur motivation ne doit pas être tenue pour acquis.
[…]
Donc, ayant pris conscience des impacts que peut avoir l’implication initiale des élèves les plus motivés, il serait tout à notre avantage, mon enseignante associée et moi, de faire participer ces deux élèves, et ce, dès le début d’une nouvelle activité. Ce faisant, ils seront peut-être portés à être plus attentifs pour le reste de la période. Cette approche serait bénéfique à la fois pour l’enseignante, qui n’aurait pas à intervenir auprès d’eux pour ramener l’ordre dans la classe, pour les deux élèves concernés, qui réaliseraient de plus grands apprentissages en maintenant leur concentration et leur motivation durant toute l’activité, et pour l’ensemble de la classe, qui ne serait plus dérangé par leurs chuchotements et qui pourrait profiter de la pertinence de leurs remarques. »